J'ai besoin d'air.
D'un grand bol de café, et d'un peu de soleil.
Parce que du soleil, je vais en avoir besoin, et j'étais triste qu'il ne fut pas là pour m'acceuillir ces derniers jours de bac. Rien ne s'est passé comme je l'avais espéré.
Parfois, la tête va bien, mais c'est le corps qui ne suit pas. Et il m'a fait faux bond. J'étais tétanisée, comme si des millions de particules anésthésiantes s'étaient répandues dans mes mains, mes jambes jusqu'au poumons. Me laissant suffoquante en larmes, paralysée. Je n'aie plus le controle.
Alors, j'ai rendue une feuille vide, une analyse d'oeuvre incompléte, et je ne suis pas allée à la dernière épreuve.
Et j'en ai honte! Honte et culpabilité. J'aurais tellement aimé que ça se passe normalement, et je le pensais.
Mais ma peur à pris le dessus.
Et lorsque enfin toute cette période de stress s'est achevée. Il y a eu la voix de ma mère en pleurs au téléphone.
Une mauvaise nouvelle. Il va mourir. Son père, mon grand père, notre Dady, l'homme que j'admire tant.
L'autre nous a déjà quitté. Il y a si peu de temps, et voilà que c'est son tour.
Je n'avais jamais pris le temps d'aller le voir à l'hopital, le bac et même la peur de voir la vérité en face.
Et hier quand je l'ai vu, si jaune à cause de son cancer du foie, si frêle, si fatigué, si fragile.
Impossible de tenir ce visage de conventions, le masque tombe.
Il n'arrivait pas à parler correctement, et je ne comprenais pas la pluspart de ce qu'il disait. Parfois, c'était cohérent, d'autres fois non. Les yeux révulsés, ma mère qui pleurait, mon petit frère si triste, comme un mauvais tableau. Et il nous donnait la main, une main si fine, si pleine de douceur et c'est comme si je voyais défiler devant moi tout les merveilleux souvenirs que j'ai avec lui. De quand il m'a appris à lire, à quand il m'a fait découvrir Henri Dès, des vacances au ski aux ménuires, de toutes les vacances d'été, de quand j'ai habité chez eux pendant un an, de sa venue tout les mardi soir, pour pouvoir s'occuper de mes frères le mercredi, les emmener à leurs activités, de son énergie folle à bricoler sans cesse et son humour si fin.
Je ne m'étais jamais dit qu'il allait mourir. Pour moi, c'était un homme immortel. Désillusion.
Je crois que le mot tristesse ne conviendrais pas. Aucun mot ne conviendrais en fait. J'ai l'impression que c'est une grosse blague, que c'est impossible, je ne veux pas me résoudre à le perdre, je l'aime trop pour ça.
Je ne serais pas prète, je crois que je ne serais jamais prète.
Il était si touchant dans son grand lit blanc et bleu, à dire à ma grand mère qu'il avait tout donné pour elle en lui carressant la main. A dire qu'il aurait voulu avoir le temps de faire plus de choses, et a sortir des petites plaisanteries, même dans les moments le plus désarmants.
On l'a embrassé chacun notre tour, et j'ai cru que ma mère et Nathan ne cesserais jamais de pleurer.